Le projet OpenData Lab a pour ambition de créer des outils pour favoriser la strucuration et l'organisation de l'ouverture des données.

I. Contexte

L'OpenData consiste en la mise à disposition gratuite du public d'informations libres de droits et donc totalement réfutilisables et valorisables. Ces données peuvent être issues de particuliers, d'entreprises, d'associations, de chercheurs…

Toutefois, le principal réservoir de données susceptibles d'être ouvertes est celui constitué par les autorités publiques dans le cadre de leurs missions.

Ceci ne signifie pas que toute donnée publique doit être ouverte mais que ces dernières peuvent l'être si certaines conditions sont réunies :

  • lorsqu'elles ne revêtent pas un caractère confidentiel,
  • lorsqu'elles sont insusceptibles de révéler des informations personnelles,
  • lorsque leur qualité est irréprochable,
  • lorsque le coût (humain, financier, organisationnel) de leur mise à disposition est inférieur aux gains attendus (création de valeur, gains sociaux, innovation, transparence).

Depuis de nombreuses années, l'open data s'est développé dans les pays démocratiques et des corpus juridiques sont venus organiser ce mouvement d'ouverture. De nombreuses initiatives ont vu le jour afin d'organiser cette ouverture et d'instiller une culture de l'OpenData, du travail collaboratif et du partage.

La France porte haut cet objectif puisqu'elle est devenu le troisième pays au monde en matière d'OpenData. Cette politique doit autant son succès au volontarisme d'Etalab qu'à la mobilisation des services publics ouvrant leurs données.

Notons l'adoption de l'article 106 de la loi n° 2015-991 du 7 août 2015 sur la nouvelle organisation territoriale de la république par l'Assemblée nationale. Cette loi ajoute au code général des collectivités territoriales l'obligation pour les collectivités de plus de 3500 habitants de rendre accessibles en ligne leurs informations publiques à condition qu'elles existent déjà au format électronique.

En Occitanie, la culture de l'OpenData s'est développée et différentes autorités publiques se sont lancées dans des démarches novatrices en la matière. Les métropoles de Toulouse et Montpellier publient depuis quelques années des lots de données totalement réutilisables de grande qualité. De même, la plateforme d'information géographique des services de l'Etat MiPyGéo ouvre en OpenData la quasi totalité de son catalogue de données cartographiques. Le territoire de l'Occitanie est également riche en initiatives numériques diverses avec le cluster DigitalPlace ainsi que FrenchSouth digital  et deux écosystèmes FrenchTech très actifs. Il est possible de visualiser l'avancée de l'ouverture des données des collectivités de la région Occitanie dans la partie Tableau de bord de la section Données.

II. Constat

Avec l’ouverture grandissante des données publiques, il apparaît de plus en plus évident que la simple mise à disposition de données brutes ne suffit pas à déclencher les réutilisations et les créations spontanées d’applications souvent mises en avant dans le cadre des projets d’ouverture de données.
Les freins à la réutilisation des données ouvertes s’expliquent par :
  • la non prise en compte des besoins des utilisateurs
  • le faible intérêt des données ouvertes
  • le manque de standardisation du mode de diffusion
  • l’utilisation de standards trop spécialisés ou inadaptés
  • la complexité et le manque de documentation des modèles de données
  • la mise à jour sporadique des jeux de données
Une autre contrainte pour les petites collectivités territoriales est la méconnaissance de l'OpenData. Il peut ainsi leur apparaître comme très complexe la mise à disposition de leurs données publiques du point de vue juridique comme technique.

III. Objectifs du projet

L’objectif du projet, qui consiste à mettre en place un laboratoire de la réutilisation des données publiques, est de lever les freins énoncés dans le paragraphe précédent en expérimentant des solutions dans le cadre de l’ouverture des données sur la région Occitanie.

Ce laboratoire est constitué :

  • D'un comité de pilotage.
  • d'un cercle des réutilisateurs dont le rôle est d’alimenter le laboratoire en pistes d’actions mais aussi d’être critique envers les réalisations. Ce cercle est à géométrie variable selon les actions définies par le comité de pilotage.
  • d'un groupe d'experts en charge d'accompagner les producteurs dans leur démarche d'OpenData et de faire le relais entre producteurs et réutilisateurs de données.
  • d’une plateforme de valorisation des données disposant de fonctionnalités pour aider à l’animation de l’écosystème.

 Les partenaires du projet

ODL GRAPH2 01

Principales missions du laboratoire :

1. L'appui aux collectivités territoriales

Dans le cadre de la loi NOTRe, les collectivités territoriales dont la population est supérieure à 3500 habitants doivent rendre accessibles en ligne les informations publiques mentionnées à l'article 10 de la loi n° 78-753 du 17 juillet 1978 portant diverses mesures d'amélioration des relations entre l'administration et le public et diverses dispositions d'ordre administratif, social et fiscal, lorsque ces informations se rapportent à leur territoire et sont disponibles sous forme électronique. Or pour les collectivités les plus petites, un accompagnement juridique et technique sera nécessaire. Ainsi le groupe d'experts du laboratoire doit guider les structures dans cette démarche et mettre à leur disposition des conseils juridiques et des solutions techniques abordables. Le groupe d'experts a également la responsabilité de créer un réflexe OpenData auprès des collectivités territoriales afin que la question de l'ouverture des données soit systématiquement posée en amont de leurs projets.

2. L'appui aux services de l'Etat

Le groupe d'experts du laboratoire appuie les services de l'Etat dans leur démarche OpenData, en particulier en relayant au niveau régional la dynamique et les méthodes mises en places par Etalab, le but étant d'obtenir au niveau régional une production de données fiables, mises à jour, avec une granularité pertinente et produites selon des processus industriels.

3. La structuration de l'OpenData par filière

Cette structuration se fait dans un premier temps sur une thématique particulière (l'eau) mais pourra ensuite être étendue à d'autres sujets. Le laboratoire a donc pour objectif de permettre la création de données ouvertes sur l'eau en mettant l'accent sur la pertinence des données partagées grâce à l'implication des organismes réutilisant ces données. La consultation du cercle des réutilisateurs des données correspond à une approche innovante conçue en rupture avec la démarche actuelle de l'OpenData qui consiste trop souvent à mettre à disposition des données brutes, telles qu'elles existent et sans concertation formelle avec les réutilisateurs.

IV. Méthodologie

Dans un premier temps, le projet se développera selon une méthode « start-up d'Etat » avec un focus sur la thématique de l'eau. Cette méthode itérative de mise en place du projet permettra de s'assurer de la pertinence des données ouvertes produites, grâce à l'écoute des utilisateurs.

Dans un deuxième temps, la démarche sera élargie pour augmenter le volume de données exploitables et pour inscrire le plus grand nombre possible de structures dans le projet, avec une attention particulière pour les petites collectivités territoriales. Le développement d'un outil de mise au standard sera étudié, afin d'obtenir une industrialisation du process de mise à disposition.

Dans un troisième temps, la valorisation des réutilisations (applications, outils, études, articles, dataviz, ...) sera assurée par le biais de concours ou d'événements de type « Hackaton » ou « Data Connexion » visant à mettre aussi bien en lumière le phénomène d'ouverture des données que le savoir-faire et le dynamisme des utilisateurs.

Voici une interview d'Anne-Claire Dubreuil, directrice adjointe de la communication du Sicoval, un EPCI qui se lance dans l'OpenData comme collectivité pilote.